Émergence de l’influenza aviaire hautement pathogène H5N1 chez les bovins aux États-Unis. Situation actuelle et état des connaissances
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Résumé
En 2024, une épizootie inédite d’influenza aviaire hautement pathogène (HPAI) H5N1 clade 2.3.4.4b a touché des bovins laitiers aux États-Unis démontrant la capacité du virus à franchir la barrière d’espèce. A date, 1074 cas ont été identifiés à ce jour. Les vaches atteintes cliniquement présentaient systématiquement une chute de lactation, et le plus souvent une altération du lait, de la léthargie et parfois de la fièvre. Le virus, à tropisme marqué pour l’épithélium sécrétoire mammaire, ce qui est une particularité pour les bovins, est excrété massivement dans le lait, avec peu d’excrétion respiratoire. La transmission entre bovins s’effectue via le matériel de traite contaminé, l’ingestion de lait cru et le contact bouche-trayon. La transmission entre troupeau serait liée aux contacts avec l’avifaune sauvage ou aux mouvements d’animaux. D’autres espèces animales exposées (chat, raton laveur) ont été contaminées, notamment par voie orale après ingestion de lait (démontré pour le chat). Trois cas humains ont été rapportés (conjonctivites bénignes), liés à une exposition au lait contaminé probablement lors de la traite (alors que des cas de décès ont été rapportés au nombre de 2 en lien avec une origine aviaire, élevage de basse-cour). Si une étude néerlandaise récente avait démontré l’absence de circulation récente, un premier cas de séroconversion a été identifié aux Pays-Bas en janvier 2026. Cette émergence impose néanmoins de renforcer la biosécurité en élevage laitier, la surveillance événementielle comme passive, la surveillance environnementale et la protection des opérateurs exposés.
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JNGTV GTV2022 Page 599
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