Bronchopneumonies infectieuses aiguës des bovins adultes : état des lieux des connaissances
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Résumé
Les bronchopneumonies infectieuses aiguës chez les vaches adultes sont des atteintes respiratoires profondes résultant principalement d’infections bactériennes transmises par voie aérienne. Bien que classiquement associées aux jeunes bovins, elles apparaissent aujourd’hui comme une entité émergente chez l’adulte, avec une incidence en augmentation selon les observations de terrain et les données nécropsiques. Sur le plan épidémiologique, les affections respiratoires profondes représentent la deuxième cause de mortalité chez les bovins adultes, après les troubles digestifs. En France, elles sont responsables de 15,7 % des décès chez les bovins de plus de deux ans, avec une prédominance des bronchopneumonies d’origine aérogène. Les cas peuvent être sporadiques ou épidémiques. Les facteurs de risque sont multiples et relèvent à la fois de caractéristiques individuelles et de facteurs d’élevage. La période automnale et hivernale ainsi que le post-partum ont été identifiées comme des périodes à risque. À l’échelle du troupeau, les principaux déterminants incluent la taille des élevages, la surdensité, les introductions récentes d’animaux, des statuts sanitaires défavorables (IBR, BVD, leptospirose), ainsi que des conditions environnementales propices (humidité). Le diagnostic de bronchopneumonies infectieuses aiguës chez les bovins adultes est rendu difficile par une symptomatologie fruste et une faible spécificité des signes cliniques, souvent dominés par des manifestations générales (baisse de production, abattement) plutôt que respiratoires. Les signes respiratoires les plus fréquents incluent une tachypnée, un jetage nasal et une dyspnée expiratoire, tandis que la toux et les anomalies à l’auscultation peuvent être discrètes ou absentes. Dans ce contexte, l’échographie thoracique constitue un outil diagnostique essentiel, permettant de mettre en évidence précocement des lésions de consolidation pulmonaire et des épanchements pleuraux et ainsi de confirmer le diagnostic. L’étiologie est majoritairement bactérienne, dominée par Mannheimia haemolytica (sérotype A6), fréquemment isolée et peu résistante aux antibiotiques chez l’adulte. D’autres agents tels que Pasteurella multocida, Histophilus somni ou Mycoplasmopsis bovis peuvent être isolés des cas. Les virus respiratoires ne semblent jouer un rôle pathogène primaire majeur dans les cas de bronchopneumonie infectieuse aiguë. Le pronostic dépend étroitement de la précocité de la prise en charge. Les cas diagnostiqués tardivement ont un pronostic plus défavorable. Certains critères cliniques (jetage, hypomotilité ruminale, neutrophiles immatures) et échographiques (profondeur des lésions de consolidation) sont ainsi associés à une évolution défavorable. La prise en charge repose principalement sur une antibiothérapie ciblant les bactéries à Gram négatif (Pasteurelles). Toutefois, aucune étude spécifique n’a évalué les protocoles thérapeutiques spécifiquement chez les bovins adultes. La prévention repose principalement sur la maîtrise des facteurs de risque à l’échelle du troupeau, incluant la conduite d’élevage, les conditions d’ambiance et la biosécurité externe. La vaccination constitue une option préventive, mais son efficacité dans le contexte des bronchopneumonies infectieuses aiguës chez les vaches adultes n’a à ce jour jamais été spécifiquement évaluée.
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